Les
menthes sont un genre (Mentha) de plantes herbacées vivaces de la
famille des Lamiacées (Labiées), sous-famille des Nepetoïdeae, tribu
des Menthae, comprenant de nombreuses espèces, dont beaucoup sont
cultivées comme plantes aromatiques et condimentaires, ornementales
ou médicinales.
Étymologie : « menthe » vient du
latin mentha, dérivé du grec μίνθη / mínthê ou μίνθα / míntha, du
nom de Minthé, une nymphe que Perséphone métamorphosa en cette
plante.
en : mint, de : Minze, es : menta,
it : menta.
On range sous ce nom la
menthe aquatique (Mentha aquatica L.), la
menthe à feuilles rondes (Mentha
rotundifolia L. au sens large), la menthe sylvestre (Mentha longifolia Hudson) et la menthe des cham ps
(Mentha aroensis L.), dont les propriétés sont
identiques, mais en général plus faibles que celles des plantes cultivées.
Pour ma part, et quoique les flores lui trouvent une odeur désagréable, je
cueille de préférence la menthe à feuilles rondes ou baume
sauvage, et, à sa suite, la menthe aquatique. Les deux autres
espèces ont une senteur forte à tonalité désagréable.
Menthes cultivées
Autant pour l'extraction de l'essence, plus
ou moins riche en menthol et en esters du menthol selon sa provenance,
que pour la vente en herboristerie, on cultive en grand la menthe
poivrée (Mentha piperita Huds.), plante stérile que l'on
considère comme le produit du croisement de la menthe aquatique et de la
menthe verte. Cette plante, d'un parfum intense, qui détermine sur la
langue, quand on la mâche, une sensation de brûlure suivie de froid, est
la plus active des menthes ; on devrait cependant réserver son usage aux
adultes car, rapidement excitante, puis irritante, elle peut occasionner
des accidents chez les enfants.
Le
Japon, qui cultive de son côté une menthe poivrée dont l'essence contient
jusqu'à 92 % de menthol, est devenu le premier producteur mondial de ce
produit (il faut environ une tonne de menthe fraîche pour obtenir 2
kg d'essence). Le menthol entre dans la fabrication de liqueurs,
de boissons rafraîchissantes,
de gommes à mâcher, de confiseries, etc.,
et, comme "agent de sapidité" plus que comme adjvant aux propriétés
reconnues, dans de multiples spécialités pharmaceutiques.
La menthe verte(Mentha
spicata L.), cultivée dans beaucoup de jardins, exhale un parfum
suave et pénétrant, moins agressif que celui de la menthe poivrée. On la
rencontre çà et là à l'état plus ou moins naturalisé. C'est une plante
robuste, atteignant parfois 1 m, à feuilles aiguës, d'un beau vert,
glabres ou presque, à épis de fleurs longs et étroits, où les verticilles
sont assez espacés, au moins à la base. C'est un hybride fertile issu du
croisement de la menthe à feuilles rondes "vraie" (M. suaveolens
Ehrh.) et de la menthe sylvestre. Cette plante est cultivée en grand aux
Etats-Unis sous le nom de spearmint. C'est elle que le jardin
familial doit préférer, tant pour l'usage médical que pour le condiment.
COMPOSITION CHIMIQUE
L'huile essentielle de menthe ou
essence de menthe peut être obtenu par distillation complète des feuilles
de menthe. C'est un liquide jaune pâle dont la très forte odeur est due
aux menthol (menthe poivrée ou japonaise) ou au linalol (menthe
citronnée).
Le menthol est
un composé organique covalent obtenu soit par la synthèse, soit depuis
l'extraction à partir de la menthe poivrée ou d'autres huiles de menthe.
UTILISATION
Les menthes sont toniques, stimulantes,
antispasmodiques. Vantées pendant longtemps comme des panacées, elles
ont connu un tel déclin que la plupart de ceux qui, de nos jours, prennent
une infusion de menthe, ignorent qu'il s'agit de l'une des meilleures
médicinales. Au 17ieme siècle, déjà, on s'en tenait pratiquement aux seuls
emplois digestifs. Il a fallu attendre les recherches des
pharmacologistes de la fin du 19ieme, sur l'essence, ses composants et son
action physiologique, pour voir le champ des indications retrouver son
ancienne ampleur, tout en se précisant. Dans les années 1920-1940, on mit
en évidence l'action puissamment bactéricide du menthol :
l'essence de menthe poivrée est au quatrième rang des essences
antiseptiques.
N.B. : Ne jamais faire respirer à un
nourrisson de l'essence de menthe ni de menthol : risque de spasme laryngé
pouvant entraîner la mort par asphyxie .
• Usage antispasmodique
En infusion à 5-8 g pour 1 litre d'eau
bouillante (1 pincée par tasse, 1 tasse matin et soir), la menthe exerce
une action très sensible sur le système nerveux. Stimulante des nerfs
moteurs et sensitifs, elle modère leurs réactions en cas d'excitation
pathologique. Aussi a-t-elle de nombreuses indications comme
antispasmodique et sédative: nervosité, insomnie, palpitations,
migraine, névralgies, crampes, vertiges,
tremblements, vomissements nerueux,
douleurs spasmodiques de l'utérus et de la vessie, toux
spasmodique, coqueluche. Ces indications sont voisines de celles
de la plupart des Labiées aromatiques mais la menthe ne saurait les
remplacer toutes, chacune de ces herbes bénéfiques ayant une action
particulière qu'il est bon de savoir mettre à profit.
Usage externe
La menthe est résolutive. On appliquait sur les seins engorgés un
cataplasme fait d'un mélange de menthe fraîche, pilée, et de farine de
froment (à l'intérieur, elle passe pour arrêter la sécrétion lactée et les
nourrices en usaient au moment du sevrage). Son infusion vineuse ou
aqueuse s'utilisait sur les ulcères atoniques, les contusions, les
ecchymoses; elle est très efficace contre la gale. Vulnéraire très
populaire autrefois, "l'huile de baume" s'obtenait par macération au
soleil, pendant le mois succédant à la récolte, de sommités de menthe dans
de l'huile d'olive. On l'appliquait sur les plaies (il en existait de
nombreuses formules composées où entraient diverses plantes vulnéraires et
même du tabac).
Le menthol à des propriétés anti-inflammatoires
et antivirales. Il est d'ailleurs utilisé pour soulager les irritations
mineures de la gorge. Il est également un anesthésique local.